Poste de travail
Réglages et critères d’une chaise qui vous soutient toute la journée
Vous passez des heures assis devant un écran ? Une bonne chaise aide à limiter l’inconfort si elle offre les bons réglages et si vous les utilisez. Voici quoi regarder à l’achat et comment l’ajuster, sources à l’appui.
Quand le bas du dos tire, que les épaules montent ou que l’arrière des cuisses chauffe, le problème vient souvent d’une chaise mal choisie ou mal réglée. La bonne nouvelle : quelques critères simples permettent d’évaluer un siège et, surtout, de le mettre à votre mesure. Nous partons de ce que vous vivez au quotidien pour détailler les réglages utiles, comparer les options courantes (accoudoirs, dossier, assise) et vous donner une méthode d’ajustement vérifiable en quelques minutes.
Pourquoi votre chaise finit par faire mal
Trois causes reviennent : des pieds qui ne reposent pas à plat, un dossier trop bas ou trop ferme sur les lombaires, et des accoudoirs qui laissent les épaules « suspendues ». L’INRS décrit une posture d’assise de moindre inconfort : pieds au sol, cuisses horizontales, genoux à angle droit ou légèrement ouvert (> 90°), bas du dossier calé dans la courbure lombaire, et avant‑bras soutenus si des accoudoirs existent (INRS – Travail sur écran : prévention).
Les critères qui comptent vraiment à l’achat
- Stabilité et base à 5 branches : c’est le standard représenté dans les schémas techniques de l’INRS pour les sièges de bureau, gage de stabilité lors des mouvements (INRS – Aménagement des bureaux).
- Réglage de hauteur d’assise suffisant pour vos usages : des documents de l’INRS illustrent des plages typiques autour de 420–510 mm sur des sièges de type EN 1335 ; visez une amplitude qui couvre votre table et votre stature.
- Profondeur d’assise réglable (translation) : elle évite la pression derrière les genoux et permet d’appuyer le dos tout en gardant 2–3 doigts entre l’assise et le creux poplité, un point clé rappelé dans les guides de réglage de l’INRS (INRS – Régler son siège).
- Dossier avec soutien lombaire ajustable (hauteur/fermeté) : l’appui doit épouser la lordose et accompagner les mouvements via une bascule avec tension réglable, comme le recommandent les fiches pratiques de l’INRS.
- Accoudoirs réglables en hauteur et en profondeur (au minimum) : ils servent à reposer les avant‑bras sans relever les épaules et ne doivent pas gêner l’approche de la chaise sous le plateau.
- Revêtement et mousse/résille : choisissez au confort et à la respirabilité, sans sacrifier les réglages précédents, qui pèsent plus sur la posture que le matériau lui‑même (rappel : priorité aux appuis et à l’ajustabilité, point souligné par les fiches de réglage de l’INRS, INRS).
Pour une vue d’ensemble des exigences ergonomiques applicables aux postes informatiques (logiciel, affichage, clavier, table et équipements), la page « Réglementation et normes » de l’INRS renvoie à la famille ISO 9241 et aux normes de mobilier (INRS – Réglementation et normes).
Que valent les mentions de normes (EN 1335, ISO) ?
La famille EN 1335 décrit les dimensions et l’étendue des réglages des sièges de bureau, avec une partie qui détermine les dimensions (EN 1335‑1) et distingue notamment des types selon l’amplitude de réglage. Le texte est publié en France par l’AFNOR, qui en détaille le périmètre et les annexes (dimensions et justifications anthropométriques) (AFNOR – NF EN 1335‑1). Pour le poste informatique dans son ensemble, l’INRS renvoie aux « exigences ergonomiques pour le travail de bureau avec terminaux à écrans de visualisation » (ISO 9241).
Accoudoirs, dossier, assise : comment choisir entre les options ?
- Accoudoirs fixes vs 2D/3D/4D : privilégiez au moins la hauteur et la profondeur, parfois la largeur/rotation pour approcher l’appui des coudes sans s’écarter du clavier. L’INRS rappelle qu’ils ne doivent pas empêcher d’entrer la chaise sous le bureau.
- Bascule « synchronisée » vs « contact permanent » : quelle que soit la cinématique, l’essentiel est d’avoir une tension réglable qui vous laisse bouger sans perdre l’appui lombaire, recommandation présente dans les documents de réglage de l’INRS.
- Profondeur d’assise : l’option de translation est décisive pour s’adapter à la longueur de cuisse et éviter la compression au creux du genou, point illustré dans les schémas INRS.
- Dossier/renfort lombaire : recherchez une hauteur et une fermeté ajustables pour positionner le renfort dans la courbure naturelle du bas du dos, comme le prescrivent les fiches pratiques (INSERM – Guide travail sur écran).
Régler sa chaise : la méthode pas à pas
-
Réglez la hauteur d’assise : pieds à plat, cuisses horizontales, genoux à angle droit ou légèrement ouvert, sans pression derrière le genou.
-
Approchez la chaise du bureau et alignez la hauteur de vos coudes avec le plan de travail ; ajustez la hauteur de table si elle est réglable. Si vos pieds ne touchent plus, prévoyez un repose‑pieds, mesure conseillée par l’INRS.
-
Réglez la profondeur d’assise pour laisser 2–3 doigts entre l’assise et le creux du genou, comme illustré par les documents techniques de l’INRS.
-
Placez le soutien lombaire : ajustez la hauteur/fermeté pour qu’il épouse la courbure lombaire sans pousser excessivement, recommandation présente dans les guides de réglage.
-
Réglez la bascule/tension : visez un « retour » qui vous laisse bouger en garder le dos en appui, ce qui favorise des micro‑mouvements utiles.
-
Réglez les accoudoirs : hauteur au niveau de la table pour poser les avant‑bras sans hausser les épaules ; profondeur/écartement pour se rapprocher du clavier et éviter que les accoudoirs ne butent sous le plateau.
-
Finalisez l’ensemble du poste : hauteur/placement écran, clavier et souris. Retrouvez les repères détaillés dans notre page dédiée à bien régler son poste de travail : réglages du poste de travail.
Pour limiter la charge sur l’épaule dominante, complétez ce travail par des périphériques adaptés si besoin : par exemple, choisir une souris ergonomique adaptée à votre prise en main ou un clavier ergonomique plus compact pour rapprocher la souris.
Comment vérifier que le réglage est bon ?
- Auto‑scan en 20 secondes : pieds à plat ? genoux non comprimés ? bas du dos en appui confortable ? épaules détendues avec avant‑bras soutenus ? Si une réponse est « non », reprenez l’étape correspondante.
- Test d’une demi‑journée : travaillez 3–4 heures avec ce réglage et notez si vous avez tendance à hausser les épaules ou glisser vers l’avant ; ajustez tension et accoudoirs en priorité, conformément aux repères INRS.
- Vérification dimensionnelle : si vous achetez pour une équipe, l’existence d’un marquage conforme à la famille EN 1335 garantit des bornes de réglage et des méthodes de mesure définies au niveau européen, comme le précise l’AFNOR pour la partie dimensions.
Enfin, gardez en tête qu’aucune chaise ne remplace l’organisation de pauses et de micro‑mouvements à l’écran : les recommandations de l’INRS insistent autant sur l’ajustement du siège que sur l’organisation du travail et l’aménagement global du poste.
Questions fréquentes
Un appui‑tête est‑il indispensable sur une chaise de bureau ?
Non. L’appui‑tête n’est utile que si vous vous adossez souvent en extension (lecture, appels). La priorité reste un dossier qui soutient la zone lombaire et accompagne vos mouvements. Les fiches de l’INRS rappellent d’abord d’ajuster le bas du dossier à la courbure du dos et de régler la tension/bascule, l’appui‑tête venant en complément si votre usage le justifie.
Siège gamer ou chaise de bureau : que privilégier ?
Beaucoup de sièges « gamer » misent sur le style. Ce qui compte réellement : l’amplitude des réglages (hauteur, profondeur d’assise, soutien lombaire, accoudoirs multipositions) et la stabilité 5 branches. Vérifiez surtout les critères fonctionnels décrits par l’INRS et, côté conformité, la référence à la famille EN 1335 pour les dimensions et réglages de sièges de travail.
Dois‑je acheter un repose‑pieds ?
Uniquement si, une fois la hauteur d’assise et du plan de travail réglées, vos pieds ne touchent pas franchement le sol. Dans ce cas, un repose‑pieds est recommandé par l’INRS pour garantir l’appui plantaire et éviter la compression sous les cuisses. Commencez toujours par régler la chaise et la table avant d’ajouter l’accessoire.
Accoudoirs 2D, 3D, 4D : que choisir ?
Choisissez des accoudoirs réglables en hauteur et en profondeur, voire latéralement, pour amener l’appui au plus près du corps sans toucher le plateau. L’INRS souligne que les accoudoirs ne doivent pas empêcher d’avancer la chaise sous le bureau ; ils servent à décharger les épaules quand les avant‑bras reposent dessus, à hauteur du plan de travail.
Quelle est la bonne hauteur d’assise ?
Cherchez une plage qui couvre votre morphologie et votre table. À titre indicatif, des documents techniques de l’INRS illustrent des chaises de type EN 1335 avec une hauteur d’assise réglable d’environ 420–510 mm. Au réglage, visez pieds à plat, genoux ouverts à un angle au moins droit, cuisses horizontales, puis alignez les coudes avec le plan de travail.
Dans la rubrique Poste de travail